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Bubble Gum – Lolita Pille

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Bubble Gum – Lolita Pille

D’une part, il y a Manon, une belle jeune femme d’origine modeste, qui aspire comme tant d’autres filles de son âge à devenir un jour actrice. Elle se sent affreusement lasse dans sa vie immuable de serveuse dans le café provincial de son père où y fréquentent que de vieux ivrognes. Le soir de ses vingt-et-un ans, elle décide de fuir son sinistre quotidien pour la capitale, la ville lumière dans laquelle tous les rêves sont permis et espère ainsi concrétiser le sien.

D’autre part, il y a Derek Delano, un beau et jeune héritier milliardaire qui se drogue et se laisse tomber dans une déprime profonde et chronique tellement l’ennui le ronge jusque dans ses entrailles. Un jour, il décide de briser, détruire une vie, celle d’une innocente personne juste pour se divertir un peu… Et il rencontre Manon…

J’ai découvert cette nouvelle auteure française, Lolita Pille, grâce à « Hell », un roman fort intéressant que j’ai beaucoup aimé, et je ne suis point déçue en découvrant « Bubble Gum ». Toujours fidèle dans son registre d’écriture âcre et cynique, on a l’impression que Lolita Pille cherche à faire réagir les lecteurs/lectrices sur des sujets qui semblent lui porter très à cœur, notamment concernant une certaine jeunesse issue d’une classe sociale très privilégiée qui n’a plus grande chose à espérer de la vie. En effet, son personnage de Derek Delano, né avec une cuiller d’argent dans la bouche, ne sait plus quoi faire ou inventer pour apprécier son existence, il ne sait plus quoi souhaiter ou désirer puisqu’il possède déjà tout. L’ennui est donc devenu son véritable ennemi et finalement, il est bien plus malheureux qu’heureux avec sa grande fortune. Il devient insensible à tout ce qui l’entoure, autant le matériel que les gens.

Par l’intermédiaire de l’autre personnage du récit nommé Manon, Lolita Pille pointe du doigt toute une génération d’aujourd’hui qui rêve d’accéder à la célébrité et la gloire, notamment en exerçant le métier de mannequin ou actrice, un milieu qu’on définit comme superficiel. Et ces jeunes filles qui seraient prêtes à se damner pour en faire partie, appartenir à ce monde où il n’y a que l’apparence qui compte. L’histoire est plutôt tragique pour le cas de Manon, elle va tomber dans la déchéance et va récolter la désillusion et non le strass et les paillettes.

L’auteur donne alternativement la parole à Manon et Derek qui nous permet de saisir la mentalité de chacun. L’histoire est dérangeante dans son contenu, on se sent mal à l’aise la plupart du temps, on est souvent choqué. Ce roman est très moderne, original et rythmé, on est effectivement essoufflé en arrivant à la fin des phrases qui sont souvent longues, mais le récit est très bien écrit.

 

Hell – Lolita Pille

hell.jpg   Hell – Lolita Pille

 

Hell a 17 ans, belle, riche, porte des vêtements griffés de la tête aux pieds et aime ressembler à une « pétasse » de luxe. Elle se montre provocante, insolente, méprisante envers ceux qui ne font pas partie de son monde. Elle passe toutes ses nuits dans les boîtes parisiennes à se saouler et à se cocaïner. Derrière cette apparence branchée et glamour, elle cherche en réalité à combler un vide profond et tente d’évacuer son mal-être…

Un jour, Hell rencontre son semblable masculin Andrea, 22 ans, beau, riche, roule en Porsche et est autant arrogant et effronté qu’elle. Ils tombent fous amoureux et c’est le bonheur parfait durant six mois. Malheureusement, le passé de Hell finit par la rattraper et c’est le drame.

Ce roman est cru, cynique, voire même choquant. Des jeunes issus d’un milieu fortuné, nés avec une cuiller en argent dans la bouche et sont finalement complètement paumés, égarés et sans repères. C’est la déchéance totale, la lente descente aux enfers pour cette jeunesse dorée. Ils portent en eux une douleur intense et incontrôlable.

J’ai bien aimé ce roman écrit sous forme de journal intime par Hell d’une part, puis par Andrea d’autre part. Cela permet aux lecteurs de comprendre le sentiment de chacun d’eux, de saisir ce que l’un et l’autre perçoivent et vivent les événements.

L’histoire est loin d’être superficielle remplie de paillettes… Ce roman me fait penser à la chanson de Johnny Halliday « l’Envie », notamment à la phrase on m’a trop donné bien avant l’envie. On assiste à une auto-analyse psychologique très touchante de ces deux âmes tourmentées… Et à une autodestruction…

J’ai bien apprécié ce roman émouvant qui fait réfléchir sur la notion du bonheur, de la richesse, et de l’espoir. Par ailleurs, Hell et Andrea sont attachants.

 

 

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