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« Je vous demande le droit de mourir » – Vincent Humbert

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« Je vous demande le droit de mourir »

de Vincent Humbert 
Je vous présente ici un extrait tiré du livre « témoignage » de Vincent Humbert intitulé « je vous demande le droit de mourir », propos recueillis et texte élaboré par Frédéric Veille, journaliste de RTL et le journal France-Soir.

Vincent Humbert, victime d’un accident de la route en septembre 2000, suivi de neuf mois de coma. Il se réveillait tétraplégique, aveugle et muet, mais était lucide, donc capable de mesurer la souffrance, l’isolement, la non-existence…

Vous trouverez ci-après sa lettre adressée le 30 novembre 2002 à Jacques Chirac : il lui demandait le droit de mourir mais malheureusement, ce dernier ne pouvait accéder favorablement à sa demande, car la loi en France n’autorise toujours pas l’euthanasie.

Monsieur Chirac,

Tous mes respects, Monsieur le Président.

Je me présente : je m’appelle Vincent Humbert, j’ai 21 ans. J’ai eu un accident de circulation le 24 septembre 2000. Je suis resté neuf mois dans le coma. Je suis actuellement à l’hôpital hélio-marin à Berk dans le Pas-de-Calais. Tous mes sens vitaux ont été touchés à part l’ouïs et l’intelligence, ce qui me permet d’avoir un peu de confort. Je bouge très légèrement la main droite en faisant une pression avec le pouce à chaque bonne lettre de l’alphabet. Ces lettres constituent des mots et ces mots forment des phrases. C’est ma seule méthode de communication. J’ai actuellement une animatrice à mes côtés qui m’épelle l’alphabet en séparant voyelles et consonnes. C’est de cette façon que j’ai décidé de vous écrire. Les médecins ont décidé de m’envoyer dans une maison d’accueil spécialisée. Vous avez le droit de grâce et moi, je vous demande le droit de mourir. Je voulais faire ceci évidemment pour moi-même mais surtout pour ma mère ; elle a tout quitté de son ancienne vie pour rester à mes côtés, ici à Berck, en travaillant le matin et le soir après m’avoir rendu visite, sept jours sur sept, sans aucun jour de repos. Tout ceci pour pouvoir payer le loyer de son misérable studio. Pour le moment, elle est encore jeune. Mais dans quelques années, elle ne pourra plus encaisser une telle cadence de travail, c’est-à-dire qu’elle ne pourra plus payer son loyer et sera donc obligée de repartir dans son appartement, en Normandie. Mais impossible d’imaginer rester sans sa présence à mes côtés et je pense que tout patient ayant toute sa conscience est responsable de ses actes et a le droit de vouloir continuer à vivre ou mourir. Je voudrais que vous sachiez que vous êtes ma dernière chance. Sachez également que j’étais un concitoyen sans histoire, sans casier judiciaire, sportif, sapeur-pompier bénévole. Je ne mérite pas un scénario aussi atroce et j’espère que vous lirez cette lettre qui vous est spécialement adressée. Vous direz toutes mes salutations distingues à votre épouse. Je trouve que toutes ses actions, comme les pièces jaunes, sont de bonnes œuvres. Quant à vous, j’espère que votre quinquennat se passe comme vous le souhaitez malgré tous les attentats terroristes. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Vincent Humbert

P-S : je voudrais une réponse de votre part, même si celle-ci est négative.

Dans son livres, Vincent insiste sur le fait qu’il ne veut pas qu’on le plaigne, mais juste qu’on le comprenne et qu’on l’entende : il serait heureux de mourir. Pour lui, la mort est belle lorsqu’elle est souhaitée, il devient insupportable pour lui de devoir rester des mois et des mois sans pouvoir bouger (il se considère mort depuis le 24 septembre 2000). De plus, il désire cesser de faire souffrir sa famille, tout particulièrement sa mère, Marie Humbert, qui se dévoue corps et âme à son fils. Elle a quitté son ancienne vie pour rester auprès de lui. Il a donc demandé à l’unique personne qui pourrait vraiment lui venir en aide, sa maman qui représente sa dernière chance. Il veut plus que tout qu’elle accède à son ultime souhait : celui de mourir et cet acte pour lui serait une preuve d’amour de la part de sa mère, elle lui a donné la vie, il lui demande de lui offrir sa mort.

Il ne veut surtout pas qu’on juge sa mère pour la mission qu’elle va accomplir, car s’il y a quelqu’un qui va ressentir une souffrance morale intense et atroce, ce sera bien elle, la douleur d’une mère de perdre son enfant.

Ce témoignage sincère est si bouleversant. Il m’a énormément touchée et émue. Cela me fait tellement de peine pour ce jeune homme tout juste sorti de l’adolescence, je pense aussi à tous ceux qui se trouvent actuellement dans la même situation. Je crois qu’il est temps que l’on accepte l’idée que lorsque des personnes touchées par une maladie incurable arrivant en phase terminale, qu’elles endurent des souffrances physiques intolérables, que les médecins ne peuvent plus rien leur apporter en terme de traitement médical, qu’elles ne réussissent plus à faire des progrès afin d’améliorer un peu leur santé, qu’elles sont condamnées à mort par la maladie, et qu’elles ont conscience de leur dégradation, alors, il faut leur donner le droit de choisir de mourir dans la dignité. Cette manière de mettre fin à leurs jours représente une Délivrance… Qu’on leur laisse au moins cette Liberté ! On n’a pas le droit de leur imposer un choix qui n’est pas le leur. Respectons leur dernière volonté s’il vous plaît !

Comme le dit si bien Vincent Humbert : pourquoi est-ce-qu’on permet l’euthanasie sur les animaux pour qu’ils ne souffrent plus, et que lui doit continuer à subir ce suplice…

J’espère qu’un jour prochain la France autorisera l’Euthanasie.

 

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